Récits des Temps Mérovingiens - Augustin Thierry
Précédé des Considérations sur l'Histoire de France.
En 1840, Augustin Thierry, sous le titre Récits des temps mérovingiens, réunit en deux volumes six « Nouvelles lettres sur l'histoire de France » parues dans la Revue des deux mondes depuis 1833, en les faisant précéder d'importantes « Considérations sur l'histoire de France ». Un septième récit vint s'ajouter en 1841. Membre de l'Institut depuis 1830, lié à tout ce qui compte dans le monde des lettres et de la politique de cette monarchie de Juillet qui réalise selon lui « l'alliance de la tradition nationale et des principes de liberté », Thierry achève ainsi le programme qu'il s'était fixé naguère de donner tout son développement à l'intuition révélée par la lecture du livre VI des Martyrs de Chateaubriand : retrouver les plus lointaines origines des nations et rendre à cette histoire inconnue ou maltraitée sa vie et ses couleurs véritables. C'était un lieu commun, sous la Restauration, de déplorer l'absence d'une histoire de France qui fût celle de la nation et non plus des règnes. Augustin Thierry s'employa très tôt à en jeter les fondements, faisant des émules. En même temps que le premier Récit, en 1833, paraissent en effet les premiers volumes de l'Histoire de France de Michelet et de celle d'Henri Martin, tandis qu'est fondée, sous le patronage de Guizot, ami proche de Thierry, la Société de l'histoire de France.
Pour faire connaître la période la plus ancienne d'une histoire dont Thierry admet d'emblée qu'elle n'est pas encore celle de la France, mais celle du « premier mélange entre les indigènes et les conquérants de la Gaule », l'auteur choisit délibérément la démarche narrative, en se cantonnant à la deuxième moitié du VIe siècle et en transcrivant, parfois littéralement, les meilleures scènes de l'Histoire ecclésiastique des Francs de Grégoire de Tours. Les principaux personnages sont chargés d'incarner les caractéristiques supposées des différents peuples qui s'entremêlent dans la Gaule franque, car Thierry, comme la plupart de ses contemporains, accorde une grande place à la notion de « race ». Ainsi de Frédégonde, « l'idéal de la barbarie élémentaire », et de Mummolus, « l'homme civilisé qui se fait barbare ».
Demi-cuir, in-octavo, frottements, des rousseurs, tête dorée, 511 pages.
Furne et cie, Paris, édition de 1856
23,5x16 cm